Commençons tout d'abord avec l'article de Mona Chollet intitulé "La femme est une personne".
C'est article est le dézingage de toute beauté d'un certain "Patrice Maniglier, coauteur avec Marcela Iacub d’un Antimanuel d’éducation sexuelle (Bréal)", en interview dasn le cahier Emploi de Libé. On y cause domination sur le lieu de travail.

Extraits:

"[...]Pour ce monsieur, il n’y a pas lieu de faire du harcèlement sexuel un délit en tant que tel; à ses yeux, cela «crée autour du sexe un climat d’insécurité et de soupçon, même si aujourd’hui on n’appelle plus ça le «vice».» Il y voit une volonté de «purifier le lieu de travail de toute question libidinale». Il faut bien admettre que: «On veut purifier le lieu de travail de toute question libidinale», ça en impose tout de même plus que le sonore et traditionnel: «Si on peut même plus déconner!...»
[...]
Car si la domination masculine est effectivement «économique et sociale», il est absurde de prétendre qu’elle ne passe pas aussi par la sexualité: la prostitution forcée (un pléonasme dans l’écrasante majorité des cas), ou encore les origines patriarcales de l’institution du mariage, en témoignent. Et affirmer cela ne revient pas à faire du harcèlement sexuel, comme le prétend Maniglier, une «question de morale» au lieu d’une «question politique», ni à prétendre que «les hommes sont méchants et machos»: la domination des femmes, y compris dans sa dimension sexuelle, est bien une question politique. Et le fait qu’elle soit structurelle, et non individuelle, ne décharge pas pour autant les individus de la responsabilité de leurs actes.
[...]
Les images sexuelles sur le lieu de travail, interroge Maniglier, «sont-elles plus infamantes pour les femmes que la photo de l’épouse du patron en tablier, accompagnée de ses quatorze enfants, accrochée dans l’entreprise? Cette image de mère renvoyée aux femmes leur fait sans doute beaucoup plus de mal que d’être un objet de désir». (Notre philosophe ne semble décidément pas envisager qu’une femme puisse considérer le statut de mère autrement que comme la pire des déchéances.) Bientôt, il va falloir dire merci aux types qui vous pelotent dans le métro, parce qu’ils ont la bonté de vous considérer comme un objet de désir![...]"


Deuxième article paru sur Périphérie cette semaine ; "Sortir du «harem de la taille 38»".

Ca commence ainsi..

"C’est à l’avidité avec laquelle on lit cet essai renversant de perspicacité et d’humour qu’est Le harem et l’Occident (découvert avec un peu de retard, puisqu’il est paru en 2001), qu’on mesure à quel point, depuis quelques années, le climat international nous a sevrés de l’enrichissement et des plaisirs de l’échange culturel.[...]"

S'ensuit une chronique fort réjouissante autour de ce livre.

"[...]Poursuivant ses recherches, harcelant de questions ses amis européens, Fatema Mernissi bute sur un idéal féminin très répandu en Occident: celui d’une femme douce, soumise, qui est un corps accueillant, ce qui est très bien, mais qui – et c’est moins bien – n’est que cela.
[...]
S’y ajoutent d’autres éléments concordants, comme l’insistance d’un Molière à tourner en dérision les prétentions intellectuelles des femmes (Les Femmes savantes, Les Précieuses ridicules). Cette fois, Fatema Mernissi est carrément prise de malaise – et de pitié: cette séparation de l’intellectuel et du sexuel lui apparaît comme un appauvrissement tragique, un non-sens. Pour elle, la séduction ne peut se réduire au langage du corps, ni faire l’économie «d’une communication intense». [...] «Dans le harem musulman, l’échange intellectuel est, au contraire, indispensable à la jouissance partagée», explique-t-elle. Les califes exigeaient en effet de leurs esclaves féminines une intelligence, des connaissances et des talents oratoires, comme l’esprit de répartie, qui étaient loin de se réduire au petit vernis d’éducation nécessaire à donner le change dans les conversations mondaines.
[...]
L’illumination définitive vient à Fatema Mernissi dans un grand magasin new-yorkais: cherchant à s’y acheter une jupe, elle s’entend répondre qu’il n’y a rien à sa taille («dans ce magasin tout entier, qui fait cent fois le bazar d’Istanbul, vous n’avez pas de jupes pour moi? Vous plaisantez!»), et que les tailles «hors normes» ne se trouvent que dans les «magasins spécialisés». [...] «Je viens d’un pays où les vêtements n’ont pas de taille précise. J’achète le tissu et la couturière ou l’artisan d’à côté me fait la jupe ou la djellaba que je veux. Ni elle ni moi ne savons quelle est ma taille. Au Maroc, personne ne s’occupe de ça, du moment que je paie mes impôts.»
Puis elle bat en retraite, le moral en berne: ses hanches larges, qui, dans la rue, au Maroc, lui valent des commentaires élogieux, se trouvent soudain «ravalées au rang de difformité».
[...]"

 

... et, à propos de hanches larges.. c'était justement le propos scientifique (c'est important :-)) de Sebastien Bohler, dans l'émission "Arrêt sur Image" du 23 octtobre 2005. Cette chronique s'intitulait "Monica Bellucci dans "Vivement dimanche" sur France 2 et la morphologie des actrices italiennes."
Cette chronique commence par l'arrivée de Monica Belluci sur le plateau de Drucker suivie une rétrospective sur les actrices italiennes (toujours chez Drucker). Commentaire de SB : "[...]on voit Sophia Loren avec ses hanches très larges, on pourrait presque dire monumentales et c'est encore plus net chez Claudia Cardinale[...]". Il précise "On dit que le rapport hanche taille est très élevé". Puis constatant que dans notre société moderne ce rapport s'est nettement dégradé, il se fait l'écho d'une étude sociologique américaine sur l'évolution de ce rapport "hanche/taille" depuis les années 60 (en fait une paire de scientifique pervers a mesuré ce rapport hanche/taille sur toutes les couv de playboy de puis quarante ans). Et ces sociologues en on déduit que ce rapport hanche/taille "est d'autant plus élevé que la vie est prospère". Ils ont mis au point un indice de prospérité à leur sauce avec des données économique, et ils ont constaté que le rapport hanche/taille variait avec cet indice. "En 1960 Sophia Loren symbolyse un vent de prospérité économique qui souffle sur l'europe et les états-unis".. aujourd'hui c'est la crise et les playmates n'ont plus de hanches.

Bref, les gonzesses étriquées c'est le symbole de la crise... allez hop, on s'écoute la chronique:

Envoyez la chronique!


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