Ca dure plus de deux heures dont une de trop. Une critique ici, dit :"Terrence Malick signe un nouveau chef-d’œuvre élégiaque et philosophique, une réflexion divinement filmée sur la question de la civilisation, le pouvoir de l’amour et le rapport de l’homme à la nature." Voilà, sur le papier ce doit être à peu près ça. Et sur l'écran ça donne batifolage au kilomètre dans les fougères agrémenté de verbiages interminables en voix off sur la mère nature qui donne naissance aux arbres, aux fleuves et aux collines -et pour Farrell elle aurait pu s'abstenir la mère nature. Car en héros charismatique il se pose là le Colin Farrell. La prestance d'une moule, l'acuité d'un bol de soupe tiède. En arrivant sur le nouveau monde, les marins découvrent le merveilleux écosystème, avec tout plein de poissons et des gros coquillages; "chef chef, on a trouvé des huîtres géantes -nan mais laissez Colin Farrel tranquille". Tellement il a un regard inexpressif qu'on dirait qu'il a subit une transplantation de cerveau avec une bouilloire. Le mec il a pas inventé l'eau tiède, il l'a découverte! lors d'une hémorragie cérébrale.
Passons sur cette grossière erreur de casting, un poil compensée par l'arrivée en deuxième mi-temps de Batman (Christian Bale), autrement plus crédible et beaucoup moins irritant.
Quant à l'aspect historique, c'est pas que Terence Malick en ait rien eu à battre, mais disons qu'en arrachant quelques pages aux livres d'histoire, on accommode bien mieux les scénarios. Genre imaginer une histoire d'amuuur entre un lieutenant anglais et une sauvage de dix ans ça l'aurait fait moyen. En lui en rajoutant 6 ou 7 de plus ça passe nickel. Mais bon l'essentiel c'est les kilomètres de messages, pas le récit historique. Et si j'étais de mauvais poil et un peu relou, je ferais perfidement remarque que "John Smith décrit Pocahontas, fille de Powhatan, chef indien, comme une jeune fille joyeuse et vivace, qui avait l'habitude de déambuler nue, et n'hésitait pas à jouer à faire la roue avec les garçons", et que bien évidemment on voit pas le début d'un téton dans le flim, par contre Pocahontas c'est un peu la Iness de la Fressange de la jungle ; ya pas deux plans où elle est habillée pareil (je sais pas qui c'est le lagerfeld local, mais faudrait qu'il aiguise ses ciseaux, parce que les peaux de bêtes sont pas super bien taillées). Bon bref, c'est peut-être "à Rimbaud que l'on pense en découvrant les premières images du Nouveau Monde", mais c'est surtout à partir que l'on songe au bout d'une demi-heure.



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