Cabrespine, petit village situé entre nulle part et ailleurs, dont le gouffre touristique en fait un sérieux concurrent au titre de trou du cul de l'Hexagone, accueillait ce week-end une dizaine de groupes (voire plus, certains groupes comme Tados et Sulky Sheena qui jouaient en interlude sur une scène annexe n'étaient pas sur l'affiche) dans le cadre du festival "Ca gazouille" (je l'ai déjà dit, mais la répétition ça peut être utile quand il s'agit de musique).

Comme je n'étais pas là le vendredi soir, je peux aisément dire que tout s'est bien déroulé, dans une ambiance festive et bien arrosée, que les groupes ont été à la hauteur de ce que l'on attendait et que le public fût fort réceptif au déferlement de décibels qui a secoué les coteaux alentours, que la soirée riche en émotion et échanges humains, et enfin qu'aucune perte humaine, pas même par noyade ne fût à déplorer.


Pour le samedi soir, ça va être plus délicat de raconter des conneries ; la Cellule Combattante Marie-Pierre Planchon était dans la place! Pliée en quatre pour mieux vous servir et rentrer dans le coffre de la dAHUmobile, la CCMPP eût tout le loisir d'admirer le paysage verdoyant, les gorges profondes de la Clamoux (c'est la nom du ruisseau qui serpente en ces lieux, pas celui d'une des passagères de la dahumobile), l'absence de panneaux indicateurs, et la faible densité de population dont on s'amuse à penser qu'elle est proportionnelle à la rapidité des secours attendus en cas de pépin (topine, regarde la route bordel !!). Une fois sur place sur place on se dit que quand même les punks ça a pas mal le sens de l'orientation (ou alors de gros réservoirs) mais peut-être que les chiens de punks sont dressés pour trouver les concerts, "vazy pogo cherche!", allez savoir, avec la modernité tout ça... toujours est-il que je fais enfin la connaissance du gourou de ce lieu, Toto, alias 138 sur le fofo dynamite et gratteux des Sulky Sheena, que ça fait du bien de tomber sur des organisateurs comme ça où quand on débarque on a l'impression de se retrouver à la maison... en cinq minutes j'étais confortablement installé derrière la scène, plus qu'à déployer le matos, y'avait une échelle (pour poser les micros c'est plutôt utile si on fait moins de 3 mètres de haut, ce qui est le cas de la majorité des gens que j'ai rencontré sur place)... niiickel !
Passons aux choses sérieuses.. la prog de la soirée est quelque peu modifiée par rapport à l'affiche, vu que les Garage Lopez prévu en cinquième position passeront en troisième position juste après les dAHU qui étaient prévu en deuxième et qui ont joué en deuxième, même si cela parait incroyable, quant aux Nasty Froggys, remplacés par les Lopez, ils joueront en premier, renvoyant les Prohiber en cinquième position, à la place donc des Garage Lopez et juste après Illegal Process qui se maintient en quatrième place suivez un peu bordel.

Après un bon petit repas local -on a mangé audois (et à l'oeil) (bon, ça c'est fait) (*), les concerts peuvent commencer. Pour les balances, ça se fera au feeling, au moment M de l'instant T (bref le son va être un peu perrave). Les Nasty Froggys ouvrent le bal. Et là, force m'est de l'avouer que je suis fasciné, voire un tantinet subjugué par... la petite brune qui mitraille le groupe avec son numérique (j'ai toujours eu un sens de la critique musicale très aiguisé). J'ai eu beau essayer de pécho son mail (c'est pratique un mail, en général on peut deviner les prénoms sans trop se flinguer les neurones) en lui demandant de m'envoyer des photos d'elle nue courant sur la plage de Mazamet des Nasty Froggys habillés jouant sur la scène de Cabrespine, elle m'a dit d'aller me faire voir sur leur site, qu'elles y seraient, en bonne qualité et tout et tout et tout. \o/ (et si son copain rugbyman n'a aucun sens de l'humour qu'il sache que c'était pas moi, c'était vi(n)ce, et pour le trouver c'est facile il est à tous les concerts des dAHUs et il a t-shirt d'urinal mints) (juré). Pour ce qui est du groupe, disons que ça oscille entre le punk rock (avé quelques oï oï en choeur farpois) et le punk HxC avec chant bien viril et mélodique en angliche. Ca remue sur scène, ça se laisse écouter, mais disons que ça manque un poil de personnalité, quoi.


Après c'est les dAHUgAROU qui enchaînent. Enfin qui enchaînent.. faut le dire vite. Disons que, face à la scène, à l'autre bout de la salle, on a entreposé dans un coin une batterie, une paire d'ampli, et au milieu ya des gens qui viennent jouer pendant les entractes. Je sais qu'il y'aura les Tados et les Sulky Sheena, mais avant les dAHUs j'ignore qui avaient la garde du matos.
Et puis à un moment.. imposant le silence et le respect, figeant le public dans une stupeur béate, un son puissant, lourd, pesant, retentit dans les baffles, prélude à l'entrée en scène du groupe phare de la région toulousaine, un morceau d'anthologie à l'image de ce groupe déjà culte (je vous ai déjà dit que deux de mes cousins jouaient dedans?), un titre qui a déjà ravagé les neurones et les tympans de millions de gens tout comme les dAHUs s'apprètent à le faire avec la tournée mondiale qui va suivre la sortie de leur album (ah oui, ya mon frère aussi)... "la tacatactiiiique du gendaarme, c'est d'être constamment, à ch'val su'l règlement, la tacatactiiique du gendaarme.." (et ya Benoit). Tout cela enchaîné avec le gendarme de St Tropez -toujours aussi efficace- et "la moustache" binaméenne.. et vous avez l'entrée en scène d'une bande de dAHus déguisée en force l'ordre gendarmesque prête à foutre le feu dans la montagne audoise (je tiens à préciser à l'attention de l'éventuel sapeur sans-reproche qui se serait aventurer sur ce blog que c'est une image ; les dAHUs n'ont jamais eu d'intention pyromane, d'ailleurs dans le groupe personne ne fume, à part les amplis). Et c'est donc parti pour une heure de punk'n roll old school total délire et imparable. Avec toute une tripotée de nouveaux morceaux dont j'ignore le nom, sauf "Espagnolo facilo" (enfin je crois que c'est comme ça que ça s'appelle), qui fait "lolololo" et que tout le monde monte sur scène pour faire les choeurs dessus. Et les tubes s'enchaînent, "la guerre", "feignasse", "le foot", "Der sonnstag inspektor", et un "A ne fe du wack'n woll" précédé d'une imitation énorme de Bastos Bop par Lo dAHU ("le plus grand imitateur de Bastos du mooonde"). Et puisque tout se termine par des reprises, après celle des sheriff trois chansons plus tôt, le set sera conclu par "mon dernier bal" avec Bruno Lopez en guest singer. Nickel. dAHUgAROU, c'est les Brigitte Bop, mais tu remplaces les Clash par les Sheriff.

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Petite pause mélodique entre deux déferlantes de bruit : Tados fait planer sa petite musique de chambre (ou de squat je confonds toujours) et conclue par un "sex and violence" de toute beauté.

Débarquent sur la vraie scène les Garage Lopez, qui après une balance rapide sur "né à Juvisy", entame un set de furieux. Une bonne playlist sauvage qui enfile les tubes à 200 à l'heure dans un ambiance joviale. Henry aura tombé le futal (et le reste) au troisième morceau ("Henri habillé! Henri habillé!") (ce qui impressionne toujours chez Henri ce n'est pas tant son dépoilage rituel que le bourrinage de psychopathe avec lequel il matraque ses fûts), et Bruno, même si c'était pas son concert le plus volubile, enquille les bons mots et les apostrophes au public (ce qui donna lieu au portnawaesque "Strasbourg, court et rentre chez toi" comme refrain sur "Hier encore"), et comme Jean-Luc, en rockeur impérial as usual, balance lui aussi de parcimonieuses petites conneries, on passe un moment excellent. Tout cela se terminera par une triplette de reprises à couper le souffle. Ca commence par un "toutoutout tout toutout" youtouesque, gros clin d'oeil aux Zabs et à leur fameuse cover de "Bloody sunday", pour entamer la reprise de "Economiste" des sus-nommés Zabriskie Point. Puis "3 2 1 zéro zéro..", gros classique qui arrache tout surtout dans le sud. Pour finir en apothéose sur un Blitzkrieg Bop transformé en "Brigitte Bop". Hey ho let's go, fermez le ban.

 


Les groupes suivants, Illegal Process et Prohiber (parait que ça se prononce pas à l'anglaise), m'auront moins emballé. Illegal Process c'est un peu comme si Tekken se mettait au punk à roulette. Musicalement ça ressemble à du HxC mélo, et vocalement c'est du grind. C'est un concept.
Pour les Prohiber c'est différent. C'est du punk enragé basique ; une voix qui (dé)gueule un peu contre tout, une batteuse qui fait pas spécialement dans la fioriture, une guitare au son crade qui égraine sa paire d'accord et un sax pas super jovial. Ca se laisse écouter sans déplaisir, mais c'est pas super enthousiasmant quoi.

Et ente les deux, le taulier, Mister Toto, aura fait venir son groupe en surprise guest. J'ai donc pu voir les Sulky Sheena, groupe de garage qui sent bon la graisse, et dont les petites mélodies vous font irrésistiblement hocher la teuté. Ca, ça va tuer dans les soirées motor psycho !

Retour sans encombres dans la dAHUmobile.. enfin je crois, vu que je dormais comme une merde. J'aurais du mal à vous conter l'audois by night, mais de toutes façons, la montagne la nuit, c'est rarement éclairé.


(*) je vous promets que quand je rediffuserai sur VGLP les cerkon de la soirée, je caserai "le festival audois dans le tchat".



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