Donc j'ai fait moultes sacrifices aux divinités tchèques (j'en ai tout un carnet) pour qu'elle guide mon abFabia sur les voies de la bêtise et daigne me faire arriver dans les temps, ce qui a tout de même légèrement foiré, vu que j'ai mis cinq heures pour faire Melun/Cambrai, merci à sytadin qui prétendait que tout était fluide, la région parisienne c'est vraiment la merde, je sais je me répète (leboblog, c'est un peu un blog de répétiton en fait).

Une fois sur place, le panard intégral. Fabien, qui ne m'attendait probablement plus, m'avait concocté un chtit cocktail spécial retransmission au quart de poil ; deux mètres carrés d'espace vital à côté de la console, un câble ethernet à proximité, et une table suffisamment grande pour poser mon bordel. Ajoutez à cela un chtit tampon histoire de pas être emmerdé par la sécu (c'est clair que s'il ya bien une gonzesse à qui on a pas envie de compter fleurette c'est bien celle qui garde le sac des copines l'entrée de la salle), une prise électrique pas loin... et ya plus qu'à poser les micros! Là encore, alors que je m'apprêtaisà les scotcher comme d'hab dans un coin en hauteur, le mec de la console (j'ai oublié son nom, grand merci à lui) me signale la présence fort opportune de deux pieds de micros délaissés. En deux temps trois mouvements, je les adopte pour la soirée. Après avoir soigné à coups de scotch celui qui boitait, me voilà muni muni d'une paire de pieds qui marchent (clap clap).

Il est temps de passer aux choses sérieuses parce qu'il n'y pas que l'installation du matos qui avance, la soirée aussi, et déjà les Raspoutine se la pètent devant leur public en émoi. Désolé,j'ai pas eu le temps de bien mater leur performance, mais de ce que j'ai pu entendre ça avait l'air vraiment sympathique. Pas monotone, des allusions répétées à sarko (ce qui peut apparaître relou pour un groupe plus adulte, mais chez les djeunes, à mon avis c'est un bon début), une certaine dose d'humour et de distance... mais bon ça reste formellement "djeunes", c'est à dire total à l'ouest dans les concepts politico-historico tout ça... non pas qu'ils racontent des conneries, juste que c'est marrant (si on est calme) de relever toutes les contradictions de ce maelström conceptuel. S'appeler Raspoutine moine russe éminence grise du dernier tzar (ouais enfin de la tzarine), et arborer l'étoile rouge et le sigle CCCP. Utiliser des symboles communistes et diffuser sa zique au format Microsoft tout en squattant Myspace et Skyblog... ça leur passera...
Humour probablement involontaire, mais quand on veut faire un morceau genre "Donnez nous le pouvoir" de Tagada Jones et que l'on s'appelle Raspoutine, ça donne "Moi je veux, Raspoutine à l'Elysée!" (remarquez, fût un temps c'était Villepin le slip éminence'éminence grise de Chirac.. on était pas loin du compte). Allez hop, on s'écoute le morcif !



Ensuite il ya Bloom. Ah oui, il est temps pour moi de préciser quelque chose qui a son importance. Cette soirée est co-organisée par une association de prévention contre l'alcool au volant. On trouve des "capitaines de soirée" avec des beaux t-shirts où c'est écrit dessus, et les boissons non alcoolisées sont gratos. Evidemment, quand tu vois la tronche de l'affiche, tu te dis que c'est assez cocasse (voire complètement con), mais au final c'est pas idiot. Soyons clair, c'était pas un concert de soutien... c'est pas aux punks de propager la bonne morale de santé publique et de faire la promo du ministère de la jeunesse et des sports. Par contre c'est plutôt le rôle de la mairie et des asso d'utilité publiques d'aller toucher le public sensible. Et quand on voit la composition du public, on se dit qu'ils ont pas mal visé ; la moyenne d'âge devait osciller autour de 17 balais, on voyait même des mères accompagner leur progéniture (sûrement que la petite finale du mondial devait y être pour quelque chose).
Vous vous doutez bien que les groupes qui défilent sur scène ont pas été du genre à se montrer propagandistes forcenés du message.


Un M26.7 vient rappeler le thème de la soirée
pendant le set des Vieilles Salopes


Si j'ai tenu à mentionner la nature de la co-organistation à ce moment précis du compte-rendu, c'est qu'au niveau des commentaires, les Bloom, c'est du lourd. Doit pas y avoir eu un entre-deux morceaux sans un appel à la picole. Sinon musicalement ça ressemble quand même vachement à du Betterave, et l'inspiration suit un peu la même voie aussi (le mec qui aime se faire larguer, un morceau sur le suicide, un sur Laurence "qui se sent pas belle, qui s'habille comme une poubelle", un sur le comportement moutonnier devant la téloche...).
On s'écoute "La bière" ("un morceau de circonstance").



Viennent les M26.7. C'est Bastos Bop qui m'en avait causé, enthousiaste. Et le Bastos c'est pas du genre à kiffer tout ce qui bouge, il est sélectif le garçon. Aussi j'ai pas été surpris de tomber sur un groupe vraiment chouette. Déjà, la balance sur "7h23" des Cadavres, ça pose quelques bases. Ensuite l'entrée en scène sur "God save the président", l'hymne grolandais, là tu cernes un peu mieux les animals et tu te dis qu'il ya de fortes chances pour que ça le fasse. Et quand les gars se pointent, t-shirt des Berus et du Scalp, là plus de doute, ya qu'à déguster la suite du programme. Ca fleure bon le punk rock'n roll prolo à la prouters, écrit avec les tripes, pas toujours poétique mais oscillant gaiement entre la déconne et la rage. D'une histoire de visite au supermarché à une apologie de l'objection en passant par des reprises bien senties (cadavres, sheriff, ramones, beru), le set défile joyeusement, agrémenté des bouffonades d'un sixième larron venu ajouter une touche béruréenne à l'ensemble. Un pur moment.
Allez hop, deux titres enchaînés (et ouaiiiis).



Et pour finir, Les Vieilles Salopes. Enfin j'ai enregistré un live d'elles. En même temps ça faisait un sacré bail que je les avait pas vu, et ça fait du bien. Sur scène ils s'arrangent pas ; le show est excellent. Les morceaux bastonnent (il me semble quand même qu'ils ont joué speed ce soir là), les répliques fusent et Sarah laisse aller sa sensualité totalement débridée. LVS était un peu hors norme à leur début, c'est devenu carrément un groupe à part. Punk dans la forme et "rock'n roll dans l'âme, jusqu'à c'que j'clamse" comme disent les Svinkels. Sarah, soutif à l'air chantant, lascive en diable (diablesse ouais), la domination de la fille qui tient "le sceptre" du mec "bien dur bien raide prêt à exploser", c'est inclassable.
A propos du soutif, un débat apparût ; au nom de l'égalité des sexes, qu'elle se mette torse-poil, no problémo... mais qu'elle garde son soutif, n'était-ce pas un brin racoleur? ... Sarah tranchera la question deux semaines plus tard à Paris, où elle se mettra en soutif et en petite culotte ! Inclassable je vous dis..

Et pour elles aussi, on enchaîne deux morceaux... enjoyez grave dans voz horeilles...


 

... et à vous les studios...

abFab

Les photos du concert sont extraites de:
- Photorock
- Chez Nico.



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