Lucie Aubrac, l'une des dernières grandes figures de la Résistance, est décédée mercredi soir à l'Hôpital suisse de Paris, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), à l'âge de 94 ans, a indiqué à l'AFP son mari, Raymond Aubrac.

Lucie Bertrand, qui avait pris sous l'Occupation le nom de guerre de son mari Raymond Aubrac, l'avait fait évader de façon spectaculaire à Lyon, quatre mois après son arrestation à Caluire (Rhône), en compagnie de Jean Moulin, chef du Conseil national de la Résistance (CNR), le 21 juin 1943. Née le 29 juin 1912 dans une famille de vignerons bourguignons, professeur agrégée d'histoire et de géographie, Lucie Aubrac avait participé à la création d'un des premiers réseaux de résistance, Libération-sud.

Grand officier de la Légion d'honneur, elle a participé après la guerre aux instances dirigeantes du Mouvement de la paix. Lucie Aubrac était l'auteur de "Ils partiront dans l'ivresse" (1984) et de "Cette exigeante liberté" (1997). Son dernier ouvrage, "La Résistance expliquée à mes petits-enfants", est paru en 2000. Deux films ont raconté son histoire: "Boulevard des hirondelles" (1993) et "Lucie Aubrac" (1997).
(Libé du jour)

Entrevue avec Florence ROCHEFORT et Laurence KLEJMAN, pour la revue Clio :

[...]C'est alors que j'ai investi mon besoin de militantisme dans le Mouvement de la Paix, puis dans des engagements en faveur des pays qui se battaient pour leur indépendance : l'Indochine d'abord, l'Algérie ensuite.
Je n'ai plus alors fréquenté de mouvement politique. Ce n'était pas commode pour moi : pour toute une frange socialiste, j'étais communiste ; pour les communistes, j'étais anar ou trotskiste. Mais je n'ai jamais rompu avec mes amis de l'un ou l'autre camp. C'est tout de même là qu'on trouve le plus de dévouement sincère sans ambition ou carriérisme. [...]


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