Côtés positifs. On voit les (magnifiques) lolos des Leonor Watling, et côté jeu d'acteur, ce sont eux les meilleurs, ces derniers étant particulièrement bons dans la partie de squash (et c'est bien le seul intérêt de cette scène carrément naze au demeurant), et Julie Cox est une Isabelle Huppert angliche bien flippante. Par contre côté casting mâle, il vous faudra faire avec un vieux beau fripé (John Hurt ), un hobbit au regard de cocker (Frodon, l'étudiant américain au QI surdéveloppé qui tombe les meufs comme un américain), et un avatar de créature de Frankestein (Podorov, l'étudiant polonais à la paranoïa surdéveloppé qui tombe les bouteilles comme un polonais). C'est pas terrible. Et en plus j'ai casé ça dans les "côtés positifs", c'est dire...

Côtés négatifs. Le reste. Bon, avouons que ça commence plutôt bien avec des dialogues qui en promettent beaucoup. Frodon qui débarque de son américanie natale dans une maison d'Oxford dont il vient squatter une piaule en tant qu'étudiant, et qui devise allègrement avec la vieille taulière autour d'une réplique d'enigma. Cela donne l'occasion au réalisateur de plonger directement le spectateur dans une atmosphère "scientifique" vu qu'en quelques échanges c'est l'histoire de la cryptographie qu'il nous résume. Il trouve même le moyen de caser l'histoire de la pomme de Turing (sans faire de pub pour apple !!). La petite joute verbale qui suit, entre la vieille bique et sa fille laisse présager de dialogues finement ciselés avec un humour anglais jouissivement glacial. Ben le jouissif, tu peux le remettre dans ta culotte. Le film part en sucette direct. Les dialogues semblent tous écrits par un journaliste viré de science et vie et qu'a picolé velu pour oublier ; une sorte de charabia imbittable mêlant de la logique mathématique, des théories philosophiques, des concepts de mécanique quantique, le tout emballé dans un magma pseudo-vulgarisateur mais complètement débile et totalement foiré. Je vous raconte pas la total credibility d'un Frodon dissertant du principe d'incomplétude de Gödel avec un John Hurt qui lui réplique que les ailes de papillons c'est joli mais qu'un battement dans ton cul ça va faire péter l'orage à Bornéo. Fatigant. Au moins Goldblum quand il faisait son mariole avec ça dans Jurassik Park c'était pas pour éduquer le spectateur mais pour se taper Laura Dern. C'est plus classe. Et dans la VF, la version française, merde, ils ont trouvé le moyen d'inventer le fameux théorème de "Fermate". Grosse grosse fatigue. Et pourquoi faire ce fourre-tout indigent pseudo-scientifique? Pour que dalle. Ca sert à rien. Le scénario est à la hauteur des dialogues : en enchevêtrements de situations aussi connes et improbables les unes que les autres. La scène du squash est digne de figurer dans une série Z à la Troma (le geek avec sa raquette en bois piquée à Nastase qui tapisse la salle avec des croix et des flèches pour calculer à l'avance la trajectoire de la baballe, et l'infirmière à forte poitrine qui passe par là et éprouve aussitôt l'ardent désir de se le faire). Même la scène du spaghetti incident (avec les deux meilleurs acteurs du film en roue libre) qui voit Leonor et le Hobbit en train de consommer (la chair et les spaghettis) est ratée. Quant à l'intrigue.. c'est navrant. Avec un peu de recul, on se dit qu'on aurait peut-être pu avoir à faire un honnête thriller. Mais là non ; il y a vraiment rien qui tienne la route, c'est bavard, indigeste, idiot, cousu de fil blanc (du gros). Le réalisateur (don diego de la vega, ou julio iglesias, je sais plus) c'est le mec qui a fait ce pur chef d'oeuvre qu'est le Crime farpait ,et qui de toute évidence aurait dû rester dans le genre.



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