Raide dingue.

Je revenais de konstroy, j'avais joué les remplaçant logorrhéique d'un label indé.

Je me suis dit qu'à l'heure qu'il était, aux alentours de 21h, je pouvais encore voir un ou deux groupes de la soirée "rock against cfdt", au CICP. C'était sur ma route. J'y suis allé.

Je ne m'en suis pas remis.

Bon à la fois ya comme un gros sentiment de honte parce que ne pas encore avoir vu les Suprêmes Dindes c'est un peu larchouma. Disons que je les ai raté deux ou trois fois. Mais pas ce soir.

Putain la claque. Et c'est un euphémisme.

Il ya bien un groupe, avec lemmy motorhead à la batterie (et au chant sur une chanson), une guitariste mignonne sur le côté, et un travlo rigolo à la basse. Mais en fait on les voit pas. On voit que la guitariste chanteuse. Jacqueline. C'est nul comme prénom c'est celui de ma grand-mère.

Mais quelle furie ! Elle dézingue tout sur son passage. J'avais encore jamais assisté à un show aussi intense ! Elle éclipse tout le monde, on ne voit qu'elle. Elle a beau se foutre à moitié à poil, ça ne fait rien, inexorablement on en revient à ses yeux, à ce regard qui déborde d'intelligence, de malice de filouterie ! Elle a beau montrer ses fesses on ne voit que son sourire ; une sorte de joker femelle, sauvage et bondissante. Putain d'appareil photo, de photographe à deux balles, partout il ya des yeux rouges. C'est pas grave ; ça lui va bien, c'est adéquat. Mi-déesse mi démon... ultra charismatique, elle transforme la soirée en séance de gospel d'où elle éjecte dieu ses saints et ses papes. Le public est en transe et moi je suis scotché. Il aurait pas fallu m'adresser la parole, j'aurais été incapable de parler dans les heures qui suivaient.
Ce regard, ce sourire, ce sens de la réplique, du rythme, cette maîtrise intégrale de la scène, du public...

Dingue. Raide dingue je vous dis.

Jacqueline (c'est nul comme prénom), je t'aime.

 



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