Le dernier film de Roméro est pénible. Il n'y a pas d' autres mots. Ca glose et c'est complètement à côté de la plaque ; va falloir qu'il arrête papi, il va finir comme Costa Gavras à réclamer qu'on régule internet à la mode pékinoise.
Déjà formellement, les cannibal holocaust's like, caméra au poing, ça commence à fatiguer les rétines. D'autant que les incohérences techniques ont tendance à me taper sur le système nerveux et me faire direct sortir d'un film (si d'aventure j'y étais entré). Pour Cloverfield, le mec filmait encore pire qu'un triso pochtronné, dans [Rec] on voyait le rembobinage, et dans Diary Of The Dead on aperçoit le voyant de batterie qui clignote. Si vous avez le voyant de batterie qui clignote sur vos films de vacances, hésitez pas à m'envoyer un fax. Passons. C'est nul mais c'est pas le pire. Le pire c'est que papi Roméro est tombé sur un des vidéo-gag planétaire (genre youtube), et qu'il en a déduit, eureka, que tout le monde était devenu journaliste. Youpi ! Alors il a décidé de faire un film de zombie pour annoncer sa fulgurance. Et allez, je prends ma révélation avec une pelle, je la coule dans une bétonnières de platitudes (on est tous des voyeurs qui préféront filmer plutôt que de porter assistance, tout ce qui n'est pas filmé n'existe pas,etc...), je dilue dans deux tonnes de verbiages et j'obtiens une heure trente d'imbécillitésen voix off et dialogues indigents.
Papi nous gratifie au passage d'un superbe long plan publicitaire pour le réseau social de News Corp, "Myspace.com" (et ouais...). Véridique. C'est le seul placement de produit que j'ai remarqué. Mais bon, celui-là je pouvais pas le louper, non pas parce que je suis un fervent anti-myspace, mais parce que le plan qui montre l'ordinateur portable affichant la page Myspace dure vraiment longtemps (et inutile de préciser que sur la page myspace du réalisateur il n'y pas l'ombre d'une bannière de pub ou d'un ad google.. la société de consommation c'est dans son deuxième film qu'il la dénonce Roméro, pas dans celui-là). Et qu'en plus d'être (inter)minable, la scène est accompagné d'un discours on ne peut plus positif, puisque c'est le seul moment du film où le cameraman fait changer d'avis sa copine, qui est aussi la voix off, et donc la porteuse du message moralisateur (la voix de la raison quoi), avec cet argument imparable (de mémoire, j'ai pas le script): "Nous avons eu 72638 clics en cinq minutes !! Grâce à Myspace Internet, les gens du monde entier savent comment on arrive à survivre !" Si ça c'est pas du spot de pub efficace, coco ! Cette séquence est quasimment un clip autonome tellement elle arrive comme un cheveu sur la soupe dans le contexte. Romero le "gaucho" en train de refourguer de la publicité en loucedé pour Ruppert Murdoch, chapeau l'artiste.
Roméro est un adversaire de la "vieille" institution socio-économique (le racisme, les grandes surfaces..), il est complètement à côté de la plaque avec le net. Et comme tout ce qu'on ne comprend pas inquiète et attire ; Romero est attiré et inquiété. Alors il raconte des conneries ; au milieu de l'apocalypse un obscur apprenti-réalisteur fout une vidéo sur myspace et cinq minutes après il a des dizaines de milliers de visites. Bien sûr, c'est évident ; en pleine guerre mondiale les internautes du monde entier vont surfer sur myspace. Peinards. Les mecs ont des mort-vivants dans le jardin mais ils vont surfer sur le net pour mater les vidéos des autres à l'autre bout de la planète... voila voila voila... De toutes façons ces délires techno-enthousiastes seront totalement pris à contre-pieds vingt minutes plus tard, quand la voix off nous clichètera un truc du genre : "avec internet on est tous des journalistes, on s'inonde de vidéos, il y en trop, tous les messages sont brouillés, au final tout ça n'est que du bruit"... gnagnagna.. Evidemment si tu confonds Youtube et CBS, tu risques d'être un peu perdu au niveau information, mais était-ce nécessaire d'en faire un film?

Bref, Diary Of The Dead c'est un Cannibal Holocaust qui dénonce vidéo gag. Pénible, je vous disais...



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