LEBOBLOG

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vendredi 30 mai 2008

C'est ce week-end

Rapidemment, pour ne pas que vous oubliez ces deux évènements majeurs..

- Festival F*** ME I'm Fucking Dead !

Dernier concert des Bimbo Killers, avec les Medef en vedettes toulousaines, et un atelier sérigraphie en guise d'entrée en matière.
Tout se passe à Burnes sur Yvette, à partir de 15h (19h30 pour les concerts).

- Le Salon du Livre Libertaire.

Histoire de claquer sa fortune en alimentant sa culture et le complot mondial alternatif qui emportera le capitalisme et réduira l'exploitation humaine à néant. Viendez sur le stand Libertalia, y'a Nono le hool's qui dessine des bites.

mardi 13 mai 2008

Hors-Série Wock'n'Folk / Jello Biafra

Le dernier hors-série de Rock'n'Folk s'intitule "L'impossible révolution ". En mai 2008 c'est original. Révolutionnaire quoi. Bon allez ne boudons pas notre plaisir par un faux cynisme de mauvais aloi ; ce numéro n'est pas l'encyclopédie définitive du rock révolutionnaire, mais un bon moment de lecture au contenu fortement instructif.
Comme l'article de Nicolas Ungemuth, "le rock est-il de droite?", qui commence ainsi "James Brown votait Nixon, Johnny Ramone vénérait Reagan". Ca se gâte ensuite quand il embraye avec Johnny et Carla Bruni, "Fan des Clash" (il a oublié David Martinon, fan de Trust). Mais finalement, la théorie du gars, on s'en tamponne la gauche et la droite ; lui même tire à la ligne en ressassant les mêmes vieilles questions "être de gauche ça veut dire quoi?", "franchement le rock de droite c'est un concept vaseux". "Motörhead ferait-il du rock de droite au motif que le poireau humain Lemmy affirme depuis trente ans qu'Adolf était un grand stratège? Miossec fait-il de la chanson de droite parce qu'il adore lire les Hussards? allons, allons". Oui voila.. "allons, allons". Hé, hé. Allons, disons-le clairement, c'est pas dans le concept qu'on va se rassasier à la lecture de l'article, mais bel et bien dans la dénonce. Que l'auteur en tire la conclusion qu'il veut, on s'en fiche un peu (beaucoup) l'important c'est de savoir qu'Axl Rose "conspuait dans un même chanson "tarlouzes, juifs et négros" responsables comme le veut la tradition de tous les maux du monde". Moi perso, je ne savais pas que "en avril 1976, Bowie se fait confisquer par la douane une valise entière de littérature nazie" (il dira : "je crois que la Grande-Bretagne gagnerait à avoir un leader fasciste"). Je ne savais pas non plus qu'Eric Clapton "avait déclaré durant un concert à Birmingham : “je pense qu'Enoch Powell a raison. Il faut les renvoyer chez eux. Dégageons les moricauds, gardons une Angleterre blanche”".
Bon sinon le reste de l'article fait le tour de l'arrivée du RAC, du death folk et autres conneries de bazar, insistant surtout sur la débilité et l'inconsistance des groupes. Mais rien sur les Clash vendus à Levi's ou Iggy Pop vendu à SFR. Après tout peu importe la lessive qu'on va vendre, l'essentiel c'est de rester rebelle. Sûrement...


Mais l'article le plus passionnant (oui ne le cachons pas), c'est le portrait croisé de Franck Zappa et Jello Biafra. Je suis vraiment très peu porté sur le fanatimz, mais s'il y a bien une personne que je place au-dessus, très au-dessus, du lot, c'est Jello Biafra. Et ce double portrait ne fait que me conforter dans cette opinion. Autant l'auteur, Pacôme Thiellement, envoie quelques scuds dans l'hagiographie de Zappa, autant celle de Biafra semble absolument inattaquable. "[...]le “conservatisme pragmatique” de Zappa préconisé en matière économique (moins de gouvernement, moins d'intervention de l'Etat dans la vie de tous les jours, moins d'impôts), est assez loin du radicalisme anarcho-syndicaliste de Biafra et son extraordinaire projet de “Maximum Wage” : n'imposer que les grandes fortunes (personne au-dessous de 200 000 dollars par an) et assurer, avec cette somme, la gratuité des soins médicaux, de l'éducation et des transports publics."
La biographie de Biafra, rappelée dans l'article est impressionnante, "en 1983 ils sont la tête d'affiche du festival Rock against Reagan", en 1986, Jello est "instruit en justice pour la publication du poster Landscape #20 inséré dans l'album "Frankenchrist" : un paysage composé de pénis en érection pénétrant des cuisses consentantes dessiné par Hans Ruedi Giger".
Je vous en livre toute une partie in extenso

"A la différence de Zappa, Biafra n'a pas attendu le PMRC pour basculer dans la politique proprement dite. Il est candidat à la mairie de San Francisco dès 1979. Parmi ses projets, celui d'obliger les businessmen à porter des déguisements de clown dans leur travail et l'installation de statues de Dan White dans toute la ville (criminel homophobe pour lequel la défense inventa une plaidoirie inouïe baptisée Twinkie Defense, basée sur l'influence de la junk food sur son comportement, et qui s'en tira avec cinq arcs de prison pour homicide volontaire, malgré l'évident préméditation de ses assassinats)... Mais aussi, plus sérieusement, la légalisation du squat dans les immeubles désaffectés, le bannissement des voitures et l'élection par les citoyen des policiers de leur quartier. Biafra n'obtient que 3, 5 % des suffrages mais ne cesse pour autant son activisme et, en 2000, le Green Party lui propose de se présenter à l'investiture pour la présidentielle. Son candidat pour la vice-présidence est Mumia Abu-Jamal, qui attendait et attend toujours son exécution dans un pénitencier de Pennsylvanie. Parmi les idées contenues dans son programme , en dehors du MaximumWage, on peut noter l'abolition de la CIA, de la NSA et la destruction progressive du FBI, l'utilisation du budget de la Défense pour la reconstruction des villes et la destruction de toutes les armes nucléaires et des satellites, la dépénalisation de toutes les drogues, les drogues dures étant désormais considérées comme des maladies et non des crimes, enfin une éducation sexuelle correcte en classe, avec apprentissage de la masturbation. "Ces enjeux ne sont pas ceux de la gauche contre ceux Je la droite ce sont ceux du haut contre ceux du bas, expliquera Biafra et le fait que tout le monde puisse manger à sa faim devrait être l'enjeu numéro 1 de tous." Biafra arrive second derrière Ralph Nader.
Comme Zappa, Biafra ne supporte pas que la politique se fasse en pleurnichant. Les sarcasmes et l'ironie rythment ses chansons ,toutes absolument politiques. En témoigne un des premiers titres des Dead Kennedys, l'extraordinaire "Kill The poor" digne de Swift et de Bloy, ou le très direct "Let's Lynch The Landlord'' : vraie déclaration de guerre anarchiste. Biafra n'épargne pas sa génération ni son milieu. Il est aussi violent avec les punks que Zappa avec les hippies, et il conspue avec une hargne mordante leurs compromissions comme leur fermeture d'esprit, quand ce n'est pas un fond réac mal assumé
[...]"

On notera quand même le "Biafra n'obtient que 3, 5 %".. combien ils ont fait LO, le PC et la LCR aux dernières élections ?
Et pour terminer sur le personnage, et rebondir sur ce que je disais à propos des rockeurs vendeurs de lessive :

"[...]le sommet du comique politico-culturel est atteint dans « Those Dumb Punk Kids (Will Buy Anything ) » sur le deuxième album avec les Melvins, « Sieg Howdy » (2005) : une chanson qui documente l'autre grand procès de Biafra celui qui l'oppose â son ancien groupe, les Dead Kennedys dont il a empêché (au grand dam de ses anciens amis) l'utilisation dé la chanson "Holiday ln Cambodia'' dans une publicité pour Levi's". Le titre est une citation de son ex-guitariste, East Bay Ray, qui disait - en privé, bien sûr - que leurs fans étaient si bêtes qu'ils étaient prêts à acheter n'importe quoi [...]."

Et les deux albums avec les Melvins sont des purs chefs-d'oeuvre. Il fallait le dire. Et sinon, vous pouvez acheter ce Hors-Série ne serait-ce que pour les deux articles précités et celui sur l'"autarcie hardcore".

Et pour terminer en chanson, le "sommet du comique", comme il dit le monsieur.. Those Dumb Punk Kids (Will Buy Anything )

 


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