Au matin du lundi 25 août Gorki Águila, membre fondateur et vocaliste du groupe punk cubain Porno para Ricardo, a été arrêté (une fois de plus) à son domicile.

Les hostilités de la part de l’État cubain contre Gorki et les autres membres de Porno para Ricardo ont été une constante depuis les premiers moments de la vie publique de ce collectif. Déjà depuis le mois d’avril de cette année, nous avons fait un appel a la “Solidarité urgente avec les jeunes contestataires et le mouvement anarko-punk à Cuba”, en centrant notre attention sur le harcèlement permanent de la part des autorités cubaines castristes contre le groupe Porno para Ricardo et, en particulier, contre Gorki Águila. Nous réclamions aussi, des “hommes et femmes du monde aimant la liberté, la plus vive solidarité avec la scène contestataire et contre-culturelle cubaine”, et nous nous solidarisions avec la campagne des animateurs du projet Cuba underground en défense de l’intégrité physique des intégrants de Porno para Ricardo, ainsi que de leurs familles, amis et camarades”.

Aujourd’hui, nous réaffirmons notre inconditionnel appui à tous les jeunes antiautoritaires qui, au quotidien, souffrent l’oppression et l’exploitation de la dictature nationaliste bourgeoises qui depuis un demi-siècle gouverne de manière totalitaire à Cuba, et nous initions la campagne internationale pour la libération immédiate de Gorki Águila. Nous appelons à manifester devant les Ambassades et Consulats de Cuba exigeant sa libération et l’arrêt de l’actuelle chasse aux sorcières contre les jeunes contestataires et le mouvement anarko-punk et antiautoritaire dans l’Ile de Cuba.

Nous espérons que cet appel ait l’écho qu’il mérite au sein du mouvement punk et anarchiste international.


Pour une Cuba libre et libertaire!
Pour l’Anarchie!

Mouvement Libertaire Cubain (MLC), le 26 août 2008. Pour contact: movimientolibertariocubano@gmail.com

http://www.mlc.acultura.org.ve/

www.pornopararicardo.com

Edit du 30/08/08 - Interview donnée au journal Reforma, parue dans courrier international..

Fondé en 1998, Porno para Ricardo a été relégué à la clandestinité pour anticastrisme affiché. "Si tu partages mon secret bien caché, je te dirai que je conspire contre lui / Et nous sommes des millions à demander à Dieu qu'il arrête enfin de faire battre son cœur / Car sa vie est une douleur disséminée / Plus vite il mourra mieux ça vaudra. / Ces années de faim et d'ombre / Portent toutes ton nom, Fidel", dit l'une des chansons du groupe. Entretien.

Pourquoi avoir choisi la confrontation directe ?
Gorki Luís Aguila
La manière indirecte est une arme classique contre de nombreuses tyrannies. Les artistes ont tendance à suggérer et à métaphoriser quand ils veulent faire une œuvre contestataire. Il y en a même qui disent que c'est la seule manière pour les artistes de lutter contre un tel régime. Ce qui revient à dire que la manière directe n'a pas la poésie de l'art véritable, qu'en somme ce n'est pas de l'art, malgré les risques que l'on prend. Je peux tout à fait écrire des chansons "indirectes", plus poétiques, mais dans celles où j'exprime mon désaccord avec le régime et ses représentants, j'ai toujours préféré leur cracher la vérité au visage, ça me paraît plus amusant.

Que pensez-vous de "Che" Guevara ?
C'est un assassin.

Que représente pour vous la révolution cubaine ?
Une véritable escroquerie.

Vous admirez quelqu'un, un musicien, un écrivain, un guérillero ?
Comme musicien, j'admire beaucoup Alicia Alonso [danseuse et chorégraphe cubaine], comme écrivain, Juan Formell [bassiste du groupe Los Van Van] et comme guérillero George W. Bush.

Au Mexique, les groupes de rock, de punk ou de métal critiquent le capitalisme, certains se présentent comme des héritiers de "Che" Guevara ou de la révolution cubaine, mais vous, vous faites tout le contraire. Pourquoi ?
Le capitalisme est terriblement critiquable, tout comme le communisme et le socialisme. Ce qui est triste, c'est de confondre et de prôner comme solution de rechange le contraire de ce que l'on critique. Pour moi, défendre mes idées anticastristes ne signifie pas défendre implicitement le capitalisme. A mon avis, ces gamins qui défendent la révolution cubaine et le Che sont paumés et mal informés.

L'année prochaine, on célèbre le cinquantième anniversaire de la révolution cubaine. Quels sont les bienfaits et les méfaits que vous lui attribuez, avec le recul ?
Il faudrait que je lise plusieurs fois Granma [le quotidien officiel du régime] pour pouvoir répondre à cette question... Mais ça fait surtout une année de plus et un total de cinquante, cinquante longues années de décadence et de mensonges.

Vous considérez-vous comme les meneurs d'une contre-culture cubaine ?
Nous n'avons qu'un seul meneur dans notre culture et notre contre-culture, c'est le coma-andante ["coma ambulant", jeu de mots avec comandante, surnom donné à Fidel Castro depuis qu'il est malade]. Il serait assez immoral de priver le vieux de son autorité sur son lit de mort.
Propos recueillis par Jorge Ricardo
Reforma