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dimanche 3 août 2008

Back to the past (90 ans pour être exact)


Un chouette billet aujourd'hui sur Agoravox : "Comment Sarkozy a effacé 90 ans d’acquis sociaux". L'auteur revient sur le texte adopté au parlement le 8 juillet dernier qui anéanti la durée légale du temps de travail.

"Pour mieux expliquer encore, nous passerons donc de 218 jours actuellement, dans la plupart des entreprises (ou 228 jours sans RTT) à 282 jours, ce qui revient à travailler tous les samedis et les jours fériés de l’année. C’est donc non seulement une abrogation des 35 heures, mais aussi une remise en cause des repos compensateurs et du paiement des jours d’astreinte qui est mise en place."

Mais une des parties du texte qui n'est pas la moins intéressante est le passage quasi pamphlétaire contre l'abrutissement médiatique auquel nous sommes soumis et ses idées reçues indécrottables qui pourrissent la grande majorité des cervelles et contre lesquelles il est très difficile de lutter...

"La société de conseil KPMG a précisément publié en juillet une étude dressant un portrait étonnant de la France. Pays le plus compétitif d’Europe, à deux pas des Etats-Unis malgré l’euro fort, première toute catégorie au niveau européen pour l’investissement industriel, la fabrication de logiciels, les services aux entreprises, troisième à l’échelle mondiale pour la Recherche et le Développement, et deuxième mondiale pour les essais cliniques et les mises en essai de produits. On est bien loin de l’image d’Epinal que Nicolas Sarkozy martèle à longueur de journée.

Plus encore, cette étude révèle que le coût du travail par employé en France est le moins cher en Europe (51,984 $ en moyenne, 84,826 $ charges comprises). Elle bénéficie d’une main-d’oeuvre correctement formée et d’une infrastructure de transports particulièrement développée. [...]

On veut absolument, de toute force, obliger tout le monde à travailler, quitte à accepter n’importe quel poste, sous peine d’être exclu une nouvelle fois du système. On stigmatise le chômeur et, de fait, on crée des travailleurs pauvres. Un indice parmi d’autres : nous sommes le pays qui connaît un des taux les plus forts des temps partiels imposés par les entreprises, créant trois millions d’emplois précaires.
[...]
Loin des idées reçues, on travaille durement en France. Plus d’un tiers de la population travaille plus de 40 heures. Nous avons la meilleure productivité par employé des pays de l’OCDE. Nous travaillons plus que nos voisins belges, danois, finlandais, allemands, irlandais, hollandais, norvégiens, suédois, suisses et anglais ! Il n’y a guère que les Espagnols, les Grecs, les Portugais et les pays de l’Est à travailler plus que nous, mais avec une rentabilité bien inférieure à la nôtre (source OCDE). [...]"

Le point de vue de l'auteur sur l'idéologie sous-jacente de la politique sarkozienne est tout aussi judicieux.

"Pour la droite au pouvoir actuellement, tout se résume à un rapport de force. On nique les syndicats, on nique les pauvres, on nique les institutions, ces cons de juges, de militaires ou de fonctionnaires qui ne comprennent rien à l’économie moderne. La vision de Sarkozy se limite au Reaganomics des années 80. A cette époque également, la mise en place d’allègements fiscaux pour les plus riches devaient créer les conditions de la croissance et la reprise des investissements. Au contraire, on a constaté un accroissement continuel de l’écart entre les riches et les pauvres aux Etats-Unis, tout comme en Angleterre. Vingt ans plus tard, les syndicats anglais ne se sont toujours pas remis du bras de fer qu’ils ont mené contre Thatcher.[...]"

Un texte à lire en entier même si la conclusion sur les référendum d'initiative populaire semble un poil optimiste...

samedi 12 juillet 2008

[Extraits] No free lunch sur le Web 2.0! Ce que cache la gratuité apparente des réseaux sociaux numériques

Une analyse fort instructive a été publiée par nos amis de l'UCL (oh ça va) : "Cet article vise à décomposer les principaux mécanismes économiques sur lesquels s’appuie le développement des réseaux sociaux et des sites contributifs du Web 2.0. La gratuité d’usage, érigée en norme sur Internet, nous y apparaîtra comme la composante partielle d’un système de tarification plus large".

On y apprendra ce que sont les biens de consommation "non-rivale" et "non-excluable", les "marchés mutlifaces", etc.. La première partie du document sur l'analyse de l'existant est vraiment passionnante. La seconde partie sur les problèmes moraux, éthiques, de droits d'auteurs, de propriété intellectuelle et compagnie est moins intéressante, en ce qui me concerne.

Voici quelques extraits qui mettent les choses au clair concernant une certaine population particulièrement stigmatisée (à juste titre, oh combien) sur ce blog.

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lundi 31 décembre 2007

[Document] La genèse de l'antipub

Le dernier "Manière de voir" (hors série du Monde Diplomatique) s'intitule La fabrique du conformisme. Cet ouvrage coordonné par Mona Chollet (je vous ai déjà dit que je voulais me marier avec elle quand je serai grand?) est indispensable. A tout le monde. Il décrit, décortique, analyse, les (auto-) servitudes modernes, l'uniformisation de la pensée, et les méthodes actuelles de soumission des masses.

Dans l'un des ces textes, L'antipub, un marché porteur (François Brune), avant d'analyser en quoi ce mouvement (antipub donc) s'est mis à intéresser l'ennemi, l'auteur revient sur la genèse de ce phénomène. Pour comprendre pourquoi la méfiance et le rejet de la publicité ont des racines bien profondes, nourries de la résistance à la suffocante extension de l'idéologie de la consommation. Ce qui a contrario, évidemment, ne laisse de nous demander pourquoi une grande majorité d'entre nous a totalement succombé à l'hégémonie publicitaire, n'éprouvant plus le moindre rejet envers ces infâmes bannières de pub qui défigurent internet et polluent nos cyber-divagations.

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lundi 17 décembre 2007

[Document] La valeur sur le net.. rien de nouveau, que de l'eau au moulin.

Extrait d'un article de l'Expansion (un journal d'ultra-gauche bien connu), qui fait le point sur la valeur dans la "Tupperware economy" (aka Capitalisme 2.0) :

"Ils s'appellent Facebook, MySpace, LinkedIn, Viadeo, OpenSocial ou encore Orkut et ils ont le vent en poupe. Les utilisateurs se précipitent en nombre vers ces sites[...]
[Facebook]a ouvert la porte à une bataille féroce entre les grands acteurs du web d'aujourd'hui, toujours en quête de plus de trafic sur leurs sites. Trafic qu'ils tentent de monétiser avec de la publicité.[...]

Mais qui a-t-il donc qui vaut de l'or dans ces sites dont le contenu est entièrement généré par les utilisateurs ? Nos données les plus personnelles. En effet, la première étape que l'utilisateur doit franchir pour utiliser ces sites consiste à se créer un profil, souvent très renseigné. Age, sexe, intérêts, diplômes, emploi, localisation, opinion politique, statut matrimonial et photos sont les bases de ce profil, véritable identité numérique que nous donnons à voir à tous. Et plus nous renseignons ce profil, plus nous avons de chances de susciter de l'intérêt. Il y a donc une forte incitation à donner ces informations. Cela a une valeur inestimable pour proposer de la publicité ciblée. Plus encore, le réseau social digital que nous constituons en utilisant ces sites nous transforme en propagateurs de publicité ciblée. Une marque de voitures de sport intéressée par le réseau d'un jeune cadre supérieur urbain célibataire et amateur d'automobiles a toutes les chances de trouver sur Facebook les groupes qu'elle va vouloir atteindre. Et le marketing viral, ce fameux bouche à oreille numérique, fonctionne d'autant mieux que ces groupes sont très ciblés et actifs. C'est le grand principe de la réunion Tupperware, dans lequel des mères de famille réunissent leurs amies pour leur vanter les mérites des boîtes de rangement moyennant une commission sur les ventes, réinventé et démultiplié sur l'Internet.[...]
"


La fin est magnifique.. et c'est Dominique Piotet, président de l'Atelier BNP Paribas à San Francisco qui le dit :
"La question de l'exploitation des données personnelles est une des plus délicates à régler sur l'internet. Il est très difficile à réguler, tant il est ouvert et international. Nos vies digitales, ainsi instrumentalisées et monnayées sont-elles préservées ? Comment éviter les abus ? Est-ce acceptable, et sommes-nous conscients des dangers qui nous menacent ? Ce que nous retirons de ces sites est-il suffisamment précieux pour que nous acceptions ce risque ?"


Putain ces gauchistes radicaux, toujours prêts à gâcher les vacances des pauvres utilisateurs de réseaux sociaux publicitaires.

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